10 mars 2013

Madame Moustache

Mercredi dernier, j'ai eu l'occasion d'aller au vernissage de l'expo de Madame Moustache, qui a actuellement lieu à Tough Cookie (Billancourt). Mais la question que vous vous posez sûrement est : qui est Madame Moustache ? Que fait-elle ?
Madame Moustache, c'est une artiste qui fait beaucoup de collages, dont elle tire des reproductions afin de les afficher sauvagement dans les rues de Paris (et ailleurs parfois). Et ça fait deux ans qu'elle sévit ainsi. Ce qu'elle fait, c'est "partir de choses vieilles et moches pour les rendre drôles, et un peu plus belles…"*


Si j'ai décidé de vous parler d'elle, c'est d'une part parce que j'aime son travail, et d'autre part parce que c'est une artiste femme, qui fait du collage et du streetart, et surtout parce qu'artiste ce n'est pas facile, parce qu'au bout de deux - trois semaines sans une seule actualité, les gens t'oublient. Même s'ils aiment beaucoup ton travail. Alors voilà, je lui fais un peu de pub, parce qu'elle le mérite. Son travail est drôle, accrocheur... et en voici quelques photos** :






Pour plus de renseignements : madamemoustache.fr

** Je tiens à m'excuser pour la qualité médiocre des images, les photos ayant été prises avec mon portable (et qui plus est la dernière a été retravaillée un chouilla afin que l'image soit de face... sorry).

12 nov. 2012

Coeur gangréné


       Parfois, quand tu penses enfin que tout va bien, certaines personnes se ramènent, avec leur grand sourire, très amicales, et elles se mettent alors à sortir de derrière leur dos des pics qu'elles t'enfoncent droit dans ton cœur. Elles les plantent, comme ça, avec rapidité et efficacité, et toi tu ne réalises que lorsque c'est déjà trop tard. Mais ce n'est pas encore le pire moment : c'est lorsque ton cœur se gangrène, devient noir, et soudain tu n'arrives plus à avoir d'autres émotions que la haine, la colère. Tu as envie de crier, de cogner, de tuer, mais tu ne peux pas : à peine ton cœur noirci, tout le monde est parti, te laissant seul.e avec ta rage. Alors tu t'enfermes, de peur de blesser les personnes qui ne t'auraient rien fait. Tu t'enfermes et nul.le ne vient te sauver parce que tout le monde s'en fout, alors ta haine se propage et bientôt tu finis par détester tes proches, moins proches, voire même les inconnu.e.s que tu croises dans la rue. Alors tu décides d'en finir.

       Un nouveau jour se lève pour toi, et putain, ça fait mal.

28 sept. 2012

Quand je décide de vous parler à nouveau de féminité...

Il y a quelques mois déjà, je m'interrogeait sur ce qu'est la féminité. Or il se trouve que j'ai récemment lu King Kong Théorie, de Virginie Despentes, et il se trouve qu'elle en fait une description que je trouve très intéressante ; j'ai donc décidé de partager avec vous un extrait :
[...] la féminité, c'est la putasserie. L'art de la servilité. On peut appeler ça séduction et en faire un machin glamour. [...] Massivement, c'est juste prendre l'habitude de se comporter en inférieure. Entrer dans une pièce, regarder s'il y a des hommes, vouloir leur plaire. Ne pas parler trop fort. Ne pas s'exprimer sur un ton catégorique. Ne pas s'asseoir en écartant les jambes, pour être bien assise. Ne pas s'exprimer sur un ton autoritaire. Ne pas parler d'argent. Ne pas vouloir prendre le pouvoir. Ne pas vouloir occuper un poster d'autorité. Ne pas chercher le prestige. Ne pas rire trop fort. Ne pas être soi-même trop marrante.  *

* Virginie Despentes, King Kong Théorie, pp. 126 et 127, Paris, Grasset, 2011 (réédition).

6 sept. 2012

Illusions


  21H40. Je suis suis crevée, mais me voilà quand même partie pour une soirée. J'y vais à pieds, je ne vais pas m'emmerder à prendre la voiture pour ensuite mettre trois heures à me garer. Non, ce sera bien plus rapide et plus simple à pieds, et je pourrai boire. Je descends la rue le Bastard, et là, je me rends compte que je ne vois plus la poste au loin, alors qu'elle est habituellement très éclairée. Un trou noir a remplacé le bâtiment, de la musique émane du néant. Je continue mon chemin, très perturbée; je ne fais plus attention aux gens dans la rue. Arrivant place de la Mairie, le son se coupe et je me rends compte que ce n'est pas un trou noir, mais simplement un écran géant gonflable.
  A côté, il y a une scène, et de là un homme commence à parler des Wisigoths, accompagné de percussions. Du sang, des tripes... Tout en avançant, son récit prend vie dans ma tête : une armée arrachant tripes et boyaux à leurs adversaires. Je ne l'écoute déjà plus, je me fais mon propre film. République, je ne vais plus tout droit, je reviens alors à la réalité. J'arrive rapidement au lieu de rendez-vous, entre le code, commence à monter les marches. Plus je les gravies, plus j'en oublie ma fatigue. Je me donne à moi-même l'illusion que je suis en pleine forme. C'est magique. Je sais déjà que la soirée sera bonne.

  4h passées, l'heure de rentrer. Retour de la fatigue. De nouveau chez moi, je m'écroule enfin.

24 juil. 2012

Indélicatesses au pays du bricolage


« Indélicatesses » mais le mot est faible...

     Cela fait un peu plus de deux mois que je travaille en tant qu'hôtesse de caisse dans une grande surface de bricolage. Bon, rien de particulier sur le boulot en lui-même : il y a des gens sympas (la plupart du temps), il fait un peu chaud en ce moment mais bon on s'en fout, là n'est pas le sujet de cet article.
     Il y a quelques choses, rares certes, mais qui sont relativement énervantes. Je veux dire en dehors des mecs qui n'arrivent plus à parler et qui portent une puissante fragrance alcoolisée (ils sont très rares, heureusement). Il y a d'abord le fait que l'on me tutoie régulièrement : des personnes à partir de... 50 ans environ. Ok, c'est vrai, je suis bien plus jeune, mais ce n'est pas une raison. Ceux sont principalement les dames âgées et les messieurs ayant la cinquantaine ; d'un côté nous avons ce « rapport de force » où comme ces personnes sont plus vieilles que toi, elles peuvent se permettre de te tutoyer (et là je me permets un gros LOL), et de l'autre nous avons le côté paternaliste. C'est bon quoi, on n'a pas élevé les cochons ensemble !!
Puis il y a les personnes qui t'infantilisent. Bah oui, ma mère travaille dans le même magasin que moi. Raison pour laquelle certaines personnes la connaissant et sachant notre lien de parenté se permettent de dire : « ta maman ». « Ta maman m'a dit ceci, cela/ m'a dit que... ». Hey, stop ! Je suis adulte, bordel, a-dul-te. C'est ma mère, et je l'appelle maman si je veux, mais personne d'autre n'a à le faire pour moi. Merde.
     Et enfin, ce qui m'énerve le plus : qu'on m'appelle « monsieur ». C'est vrai, j'ai les cheveux courts et en plus ils sont attachés. C'est vrai, je n'ai pas une opulente poitrine. Et c'est vrai aussi que mon t-shirt de travail est relativement large. Mais ce n'est pas une raison pour me donner un genre qui n'est pas le mien !! Si c'est le plus souvent des hommes avinés, aujourd'hui j'ai eu le cas le plus énervant : « Au-revoir, madame. Ou monsieur ! [avec le sourire, ndlr]
- Madame.
- Oh quoiqu'on ne sait pas trop ! Ahah ! »
Et en mon fort intérieur je le traitais de tous les noms, mais on ne va retenir que « pauvre tâche », histoire de rester polie, et parce que mon blog n'est pas fait pour référencer les insultes. Dans la rue, nul.le ne se trompe quant à mon genre, et je me considère comme fem, alors quoi, sous prétexte que je porte un slim un peu large et un t-shirt bien trop large je deviens androgyne ? Voire je deviens carrément un homme ?? Non mais franchement, faudrait peut-être arrêter les boissons alcoolisées, et faudrait peut-être arrêter de penser que toutes les gonzesses sont ou gaulées comme Adriana Karembeu, ou grosses avec dans tous les cas des gros seins. Stop !!!

Adriana Karembeu (mais y a-t-il vraiment besoin de le préciser ?)

     Bizarrement, toutes les femmes m'appellent « madame », et plus rarement « mademoiselle ». Mais jamais « monsieur ». Ont-elles moins de troubles de la vision ? Sont-elles plus observatrices ? Ou bien connaissent-elles mieux les femmes et savent qu'il n'y en a pas que deux modèles ? Je n'en sais rien, et ça, ça ne m'intéresse pas. Si je dis « madame », c'est « madame » et pas « monsieur ». Point.





EDIT : Un homme est venu lundi, a acheté un produit quelconque – que j'appellerai ici « mousse extra premier prix » - ce qui lui est revenu à moins de 3€. Très étonné, il me dit que c'est étrange, samedi il a acheté le même produit mais le prix était loin d'être le même, puisqu'il l'avait payé plus cher ! Je lui explique qu'en un week-end les prix peuvent changés, et que si ça a baissé c'est même plutôt bien. Il me dit alors que le produit coûtait presque 7€, et que ça, ce n'est pas normal !! Ah oui, c'est étrange, mais ça ne devait pas être le même produit, parce qu'une telle différence de prix, ce serait un peu gros quand même. D'après lui, si, si, c'était le même, il était au même endroit (c'est vrai qu'il n'y a qu'un seul produit sur une même étagère...) et c'est inadmissible, il reviendra pour avoir des explications, bon aller, il y va.
     Il revient effectivement le lendemain : « Me revoilà à la charge. Non, sans rire, tenez, j'ai amené les tickets de caisse ». Bref, je regarde, et je vois que le produit acheté la veille a un code barre terminant par (j'invente, mais les numéros n'étaient clairement pas pareil, même un enfant l'aurait remarqué) 8560, tandis que celui acheté samedi terminait par 4873. Il insiste, disant que ce sont bel et bien les mêmes, que je me trompe. Je sais que j'ai raison, lui répondant alors : « Sur votre ticket de caisse de samedi, le code est 4873, et le nom du produit « mousse extra supra qualité », alors que votre ticket de caisse d'hier a un code terminant par 8560 et s'appelle « mousse extra premier prix », ce ne sont pas les mêmes produits, monsieur ». Et là il commence à dire que c'est pas normal, qu'il va faire appel aux services consommateurs, que ça va mal se passer, il veut voir un responsable, etc. Les gens derrière, au vue des têtes qu'ils faisaient, pensaient que c'était un emmerdeur mais qu'au moins s'il voyait un responsable il arrêterait de faire chier la caissière et qu'ils pourraient enfin régler. Je lui dis donc que le responsable est juste là, mais qu'il est occupé donc il va devoir attendre un petit peu (le responsable en question était en train d'échanger avec un homme avec qui il avait rendez-vous). Mais le client se permet d'interrompre la conversation – je commençais à en passer un autre qui s'est retourné, et m'a regardé avec de grands yeux en faisant un signe de la tête et « tsss ». Bref, au bout de cinq minutes, après avoir été dans les rayons avec le responsable, ce très cher client repasse tout sourire et me dit « En fait c'était bon ! Au revoir ! ». Gros yeux de ma part. Bien sûr que c'était bon, les tickets de caisse indiquaient clairement qu'il ne s'agissait pas des mêmes produits !!
     Donc voilà, sachez que la jeune caissière ne peut être qu'illettrée, qu'elle ne sait que lire le prix affiché, et que dans tous les cas vaut mieux demander au responsable, parce que lui il saura !

(et là je me rends compte que mon édition est un peu longue, mais bon...)